Producteur à Pleumeur Gautier

Jean-Jacques, producteur BIO

Les agriculteurs des coopératives de Prince de Bretagne choisissent eux mêmes leurs cultures et l’orientation de leurs exploitations. Voici bientôt 20 ans, quelques-uns ont choisi de se convertir en Bio. Aujourd’hui, ils sont une cinquantaine, ce qui fait de Prince de Bretagne le premier groupement français de légumes bio !

Jean-Jacques Le Bris, qui est l’un des pionniers de cette aventure, fait le point sur les échanges entre les différents modes de production et l’avenir du bio. Il rappelle aussi que l’agriculture bio, c’est la modernité !

bio-agriculture-legumes

Est-ce un atout d’être producteur bio au sein d’un groupement comme Prince de Bretagne ?

“Oui, car l’agriculture traditionnelle et la bio sont complémentaires. Le bio est pour nous une démarche de progrès, sans remise en question de la coopération, avec respect et réciprocité entre tous les producteurs, dans leur diversité. C’est un point fort d’appartenir au groupement, on bénéficie de l’expérience du groupe et de ses membres, de sa notoriété, des passerelles qui existent entre agri traditionnelle et agri bio : il y a des échanges, sur l’usage des machines, celui du matériel de sarclage, ou comme la baisse de l’utilisation des insecticides sur les cultures d’artichauts… L’agriculture biologique est porteuse d’améliorations pour tout le monde. Nous sommes tous partenaires, on s’améliore réciproquement. Depuis 2010, nous affichons notre fierté d’appartenir à Prince de Bretagne et de présenter nos légumes bio sous la marque « légumes Bio Prince de Bretagne », gage de sérieux, de respect des chartes, et de qualité.”

Comment se porte le marché du bio en ce moment ?

“Plutôt bien, on a senti un regain d’intérêt des consommateurs pour les produits bio puisque les ventes progressent. On espère que ça va durer, mais on sait aussi que ce marché se développe généralement par paliers. On communique vers nos producteurs qui souhaitent se convertir au bio. On a d’ailleurs plusieurs conversions en cours cette année. Les chiffres de production sont bons : on sera proche des 20 000 tonnes de légumes bio cette année ! Nous présentons une belle gamme étoffée avec plus de 30 références, et nous continuons à nous développer. Donc, oui, la conjoncture est favorable pour le bio !”

Peut-on être bio et moderne ?

“Sans aucun doute : agriculture biologique et modernité ne sont pas incompatibles ! Le bio est même synonyme de modernité : nous sommes pour le bio du XXIe siècle, le bon sens paysan allié à tout ce qui peut être novateur et source de progrès. D’ailleurs, nous investissons beaucoup dans la recherche pour le bio, nous avons une station technique et de recherche (Terres d’essais) qui nous permet d’éviter des erreurs qui pourraient être lourdes de conséquences sur nos exploitations. Nous avons aussi par exemple des producteurs d’endives bio qui viennent d’investir dans des machines de pesage et d’ensachage très précises : ils y gagnent du temps pour se consacrer à leurs légumes, et montrent leur dynamisme ! On peut aussi évoquer les nouvelles bineuses qui évitent le salissement* des cultures, les outils d’analyse du sol, les tracteurs pilotés par satellite… Ce sont tous les alliés des producteurs bio !”
*Les agriculteurs disent que les cultures sont « sales » lorsqu’elles sont envahies de mauvaises herbes.